1. Deux options, jusqu'ici

Historiquement, une entreprise multisite avait deux options. Le MPLS opérateur offre des performances garanties et un réseau privé, mais à un coût élevé, avec des délais de mise en service longs et aucun contrôle sur le cœur de réseau de l'opérateur. Le SD-WAN réduit les coûts en utilisant des liens Internet, mais ne fait qu'optimiser le chemin sur des liens existants : c'est une couche logicielle posée au-dessus d'un réseau qu'il ne maîtrise pas.

MPLS opérateur

  • Performances garanties, réseau privé
  • Coût élevé : environ 2,9 fois celui d'un accès Internet business
  • 60 à 120 jours pour ouvrir un site
  • Aucun contrôle sur le cœur de réseau, qui appartient à l'opérateur

SD-WAN

  • Liens Internet standards, coûts réduits
  • Optimise le chemin parmi les liens existants
  • Couche logicielle (overlay) au-dessus d'un réseau qu'il ne maîtrise pas
  • Ne traite ni la voix ni le cloud : la seconde infrastructure reste

Chiffres : synthèse Flex.eu de données publiques du marché (analystes, opérateurs), étude SDO, mars 2026.

2. Ce que le SD-WAN ne fait pas

Le SD-WAN sélectionne le meilleur chemin parmi les liens existants. Il ne crée pas de capacité et ne voit pas le cœur de réseau de l'opérateur ; il n'agit donc ni sur la QoS de bout en bout ni sur l'ingénierie de trafic. Il optimise ; il ne maîtrise pas.

C'est le sens de l'image du GPS : un GPS choisit le meilleur itinéraire sur les routes qui existent, mais il ne peut ni les élargir ni les entretenir. Le SD-WAN apporte 20 à 30 % d'optimisation WAN ; il ne supprime pas les liens, et il ne touche pas au backbone qui les relie.

3. La troisième voie

Le sdMPLS est une technologie de réseau multisite dans laquelle chaque client dispose de son propre routeur de backbone virtuel, le VRB, au cœur d'une infrastructure opérateur virtualisée. Le client garde le contrôle complet de son cœur de réseau (routage, qualité de service, segmentation) comme avec un MPLS, tout en utilisant des liens d'accès standards (fibre, xDSL, 4G/5G) comme avec un SD-WAN — des liens collectés directement dans le cœur, hors Internet. Réseau WAN, voix et cloud peuvent circuler sur un seul et même cœur, ce qui supprime la double infrastructure habituelle.

En une phrase : le sdMPLS réunit la maîtrise du MPLS et la souplesse du SD-WAN dans une seule solution, au prix de liens d'accès standards — et hors Internet.

4. Comment ça marche

Le cœur de réseau de l'opérateur est lui-même virtualisé (technologie VXLAN), et chaque client y reçoit son propre routeur de backbone virtuel, le VRB, qu'il pilote directement.

Schéma en quatre étages, de bas en haut : 1. des liens d'accès standards (FTTH, FTTO, xDSL, 4G/5G) raccordent les sites ; 2. le cœur de réseau SDO, virtualisé en VXLAN/EVPN, mutualisé et cloisonné, exploité par l'opérateur ; 3. un VRB dédié par client, piloté par le client (routage, QoS, segmentation, ingénierie de trafic), étanche vis-à-vis des VRB des autres clients ; 4. les usages du client, WAN, voix et cloud, sur ce seul cœur.
Quatre étages : les liens d'accès standards, le cœur de réseau SDO mutualisé et cloisonné, un VRB dédié par client, et les usages (WAN, voix, cloud) qui circulent sur ce seul cœur.

Vocabulaire : votre backbone, dédié et pilotable

Le VRB est propre au client, il n'est partagé avec personne. Il repose sur le cœur de réseau SDO de l'opérateur, mutualisé et cloisonné par VXLAN, comme un MPLS repose sur le backbone de l'opérateur.

Et les délais ? La livraison d'un lien dépend de l'opérateur d'infrastructure qui dessert le site : de quelques jours à quelques mois selon les cas. Un site dont le lien existe est raccordé en quelques jours, et chaque évolution du réseau (routage, QoS, segmentation, ouverture d'un flux) est instantanée depuis le VRB, là où un MPLS demande 60 à 120 jours et repasse par l'opérateur à chaque changement.

5. Un réseau privé, hors Internet

Liens d'accès standards ne veut pas dire liens Internet. Les liens des sites (FTTH, FTTO, xDSL, SDSL, 4G/5G) sont livrés dans le cœur de réseau sdMPLS par des portes de collecte directes entre opérateurs, avec des APN privés pour le mobile. Le trafic entre les sites du client ne transite donc jamais par l'Internet public ni par des opérateurs tiers.

L'accès à Internet se fait par une sortie unique au cœur de réseau, via les routeurs BGP et le transit de Flex.eu. Plusieurs modèles techniques de sortie mutualisée par firewall sont possibles, y compris pour les cartes SIM 4G/5G fournies aux salariés : elles rejoignent le réseau de l'entreprise avec la même politique de sécurité que les sites.

Comme un MPLS, donc : réseau privé, sortie Internet unique et maîtrisée. Et parce que le chemin est maîtrisé de l'accès de chaque site jusqu'au cœur et à la sortie Internet, la QoS de bout en bout est défendable. Ce qui varie, c'est le niveau d'engagement propre à chaque type de lien d'accès (fibre dédiée à débit garanti ou fibre mutualisée), au choix du client site par site.

6. Ce que vous pilotez, ce que l'opérateur exploite

Côté client : votre VRB

  • Routage
  • Qualité de service (QoS)
  • Segmentation (VLAN, segments)
  • Ingénierie de trafic
  • Politique réseau

Côté opérateur : le cœur SDO

  • Exploitation du cœur de réseau
  • Supervision de l'infrastructure
  • Liens d'accès
  • Évolutions de la plateforme

Ce que le client pilote, c'est sa politique ; l'exploitation du cœur reste chez l'opérateur. Et le distributeur peut opérer le VRB pour le compte du client.

7. Une seule infrastructure

Dans la plupart des entreprises multisites, trois infrastructures coexistent : un MPLS pour le WAN, une plateforme voix à part, et des VLAN ou un VPN pour joindre le cloud. Avec le sdMPLS, WAN, téléphonie et cloud peuvent circuler sur un même cœur VXLAN, à travers votre VRB, pour les clients qui portent aussi leur téléphonie et leur hébergement sur le cœur SDO ; les autres gardent leurs services existants et n'y font converger que le WAN.

Tout sur un même cœur ne veut pas dire tout dans le même panier : le cœur SDO repose sur quatre cœurs de réseau, répartis sur deux sites d'hébergement avec deux cœurs chacun, pour rester redondant et disponible quelle que soit la panne (disponibilité de 99,95 %, GTR de 4 heures 24 h/24 et 7 j/7 incluse).

Avant / après. À gauche, trois colonnes grises séparées : réseau MPLS pour le WAN, plateforme voix, VLAN ou VPN pour le cloud, chacune avec son contrat, son exploitation et sa supervision. À droite, WAN, voix et cloud reposent sur le VRB du client, lui-même porté par le cœur de réseau SDO VXLAN/EVPN : un contrat, une exploitation, une supervision.
Avant : trois infrastructures, chacune avec son contrat et son exploitation. Après : un seul cœur VXLAN, une seule architecture à comprendre et à exploiter, qui évolue depuis le VRB.

8. Pourquoi ce nom

On nous objecte parfois que le terme est trompeur, puisque le sdMPLS n'utilise pas le protocole MPLS. Exact, et c'est volontaire : le sdMPLS apporte les capacités que les entreprises cherchaient dans le MPLS (cœur privé, maîtrisé), en software-defined. Comme le SD-WAN n'est pas un WAN mais une façon logicielle de faire du WAN.

9. Les mots pour en parler

Quatre noms, quatre rôles. On fait connaître sdMPLS, on vend et on installe le VRB, on explique avec SDO. Ils ne sont jamais synonymes.

NomRôleExemple d'usage
Flex.euL'entreprise qui conçoit et opère« Flex.eu, opérateur français à l'origine du sdMPLS »
SDO (Software Defined Operator)Le concept d'architecture : un opérateur dont le cœur de réseau est virtualisé et pilotable« L'approche SDO virtualise le backbone opérateur »
sdMPLS®La technologie et la catégorie de marché. C'est le label « inside »« Réseau multisite propulsé par la technologie sdMPLS »
VRB (Virtual Router Backbone)Le produit : le routeur virtuel dédié que le client pilote au quotidien« Vous administrez votre backbone depuis votre VRB »

Consulter le glossaire complet : backbone, overlay, VXLAN/EVPN, QoS, ingénierie de trafic, FTTH/FTTO, AMO…

10. Et maintenant ?